MIDI-PYRENEES PATRIMOINE – Printemps 2013 – LE PASTEL, BLEU DE COCAGNE

 

Page 72 extrait de l’article rédigé par Dominique Crébassol, photographies de Didier Taillefer

 

LE PASTEL, BLEU DE COCAGNE

 

 

 

Didier Boinnard est l’un des entrepreneurs qui a pu profiter du dynamisme défricheur des époux Lambert. A l’âge de trente-huit ans il est licencié de son poste de chimiste formulateur. Par sa femme Claire Delahaye, il connaît l’existence de la peinture au  pastel. Son beau-père, Gilbert Delahaye, tisserand d’art à Cordes, s’était employé dans les années 1970 à teindre artisanalement ses fils avec l’indigo indigène et d’autres pigments de végétaux comme le rouge de garance et le jaune de gaude. Didier Boinnard approche les détaillants d’articles de beaux-arts qui de montrent  intéressés par son projet de créer des produits à base de couleurs naturelles, offrant une alternative aux marques utilisant des colorants de synthèse. « A la même époque, Henri Lambert cherchait quelqu’un pour reprendre la fabrication des peintures, pastels et encres pour artistes qu’il avait lancé », raconte Didier Boinnard. Créée en 1999, la société L’Artisan Pastellier s’installe dans le vieil Albi « sur le modèle médiéval nous habitions dans les étages supérieurs ; au premier se trouvait les bureaux et au rez-de-chaussée le magasin ».

 

 

Depuis, la  petite entreprise s’est un peu étoffée (trois personnes aujourd’hui, dont deux à temps partiel) et le siège social a déménagé dans une friche industrielle de Graulhet où Didier Boinnard a pu donner de l’espace à la fabrication de ses pastels tendres, pastels à l’huile, aquarelles, encres et  pigments.

 

DES PRODUITS DE NICHE

 

Didier Taillefer photographe au magazine Patrimoine Midi-Pyrénées, en action à l'atelier de GRAULHET de l'Artisan Pastellier

 

Avec un chiffre d’affaire de 145000 euros en 2012, il sait  qu’il est « sur un marché de niche. La moitié  de ses revenus provient des produits directement du colorant de pastel, en cumulant la vente des produits et les activités du magasin.

 

 

Aussi Didier Boinnard développe-t-il des gammes complémentaires, en particulier des teintes rares obtenues à partir de plantes, de bois ou de cochenille. L’Artisan qui vend ses articles sous sa propre marque et sous sept autres est confiant dans l’avenir : «  les colorants végétaux prennent de l’intérêt car la hausse du coût des énergies fossiles rend les colorants chimiques à base de pétrole moins concurrentiels. C’est déjà le cas du rouge chimique, désormais au même prix que le rouge de garance. »